08-01-08

Une histoire fabuleuse

Ce qui se pense après ce qui s’est dit ou ce qui s’est pensé sans se dire

Samedi, on vient de se quitter.

Cher Guillaume,

Rebonjour Chevalier,

Commencer, c’est le plus dur. C’est un peu comme la première fois qu’on fait l’amour. On est attiré. Mais il y a la distance, la curiosité. Il faut s’apprivoiser. C’est la même chose avec le papier. C’est un peu intimidant.

Je t’ai dit que souvent quand tu t’en vas, la conversation, les idées et réflections continuent dans ma tête. Ce soir, je suis à la maison. Je peux essayer de les transmettre par l’écrit.

Parler communiquer. C’est ce que tu attends le plus de notre relation. Des oreilles. Même si notre language passe aussi par la complicité du corps. Cela créée des liens ou resserre des liens. C’est un autre language que nous connaissons bien tous les deux. Et que nous partageons. Tu connais mon passé et je connais le tien. Est-ce quelque chose qui nous lie. Le fait d’avoir eu beaucoup de partenaires. Rien que pour le plaisir du sexe. Nous avons des parcours différents, des regards différents mais quelques points communs qui nous relient.

J’ai bien aimé ces regards complices, tes yeux qui me scrutent pour savoir ce que je cache, mes secrets. Est-ce réel? Joue-t’elle la comédie? Elle est forte mais pas si forte que cela… qui est le plus fort ici? L’amour est-il un rapport de force? Je suis bien dans ma vie "Cette maison te ressemble. Elle est toi." Oui, j’y suis bien. "Est-ce que tu va me poursuivre, stalking si c’est fini?" On ne peut pas prévoir…non je ne pense pas car ce sont les gens qui perdent tous leurs répères qui font cela. Si c’est fini, ma vie va continuer. Tu n’es pas mon seul horizon. Dans beaucoup de relations que j’ai eues avant toi, j’ai perdu mes répères. Car j’étais fragile et je me complaisais à sombrer dans le drame pour que l’on s’épitoie sur mon sort. Mais ce n’est plus le cas, je dirais même au contraire.

Je veux dire: pour moi, notre histoire marque une nouvelle étappe. C’est à la fois ce qui est beau et ce qui est dur dans cette relation. A la fois, je redécouvre le plaisir d’être avec un homme, non seulement le physique mais aussi le dialogue homme/femme, qui n’est pas la même de femme à femme. Je renoue avec ce plaisir de l’homme amant, le compagnon, l’ami plus qu’ami. Ce que j’avais perdu.

Donc c’est beau car c’est riche pour moi de faire cette découverte. Mais à la fois, parfois, je regrette de ne pas pouvoir aller plus loin avec toi. Est-ce que nous pouvons être heureux dans un quotidien? C’est difficile à dire. Tu en partages un depuis plus de vingt ans, tu as fondé une famille à laquelle tu es très attaché. Je te respecte et tu le sais très bien. Donc la question reste à l’état de question. Quand tu me dis que je me suis fais des illusions, c’est faux. J’ai juste entrevu quelques possibilités. Sans doute comme toi, d’ailleurs. Et si, et si,…

C’est vrai, tu as fait le choix de rester auprès de ta famille. Et je pense que c’est le bon choix. Je sais que tu serais très malheureux loin d’eux. C’est comme cela. Ce que nous allons vivre maintenant est entre nos mains. Comme je te le disais, est-ce que cela va me suffire? Ce que nous pouvons partager, c’est à nous de le décider. Je me sens sereine et adulte. J’ai besoin de notre complicité comme une source d’énergie. Cela me donne de la force pour moi et pour aller vers les autres. Tu m’as aidé à me voir autrement. J’aime me voir à travers tes yeux. Tu me donnes des éclairages. J’aime ton appétit pour mes formes, mes rondeurs féminines, mes odeurs. Cette curiosité, envie de toucher, de renifler. C’est émouvant, c’est irremplacable. Est-ce que je m’en remettrai? J’aime ta facilité à parler, cela vient tout seul. J’avais peur quand nous sommes partis à Francfort, je me suis dit: mais qu’est-ce que je vais lui raconter pendant deux jours. Et j’étais stressée. Et dans la voiture, tu parles, c’est fluide. Je me sens tout de suite bien. On a fait trois arrêts sur l’autoroute et je ne sais plus de quoi on a parlé mais cela me semble si agréable avec le recul. Ces impressions de cafétaria d’autoroute si impersonnels baignés d’une aura de complicité. C’est cela que j’aime particulièrement avec toi. J’ai eu beaucoup de relations amoureuses déséquilibrées, où je mettais mon partenaire sur un piédestal, où je ne voulais tellement de passion, que je me pouvais le percevoir tel qu’il était. Je visais la perfection, l’amour fou, l’amour total. Donc tout me décevait.

Notre relation se construit pas à pas. Du premier coup de sonnette du motard à aujourd’hui. Mais je trouve que chaque épreuve, chaque étappe nous ont enrichis et rapprochés. Il y a confiance. Cette confiance qui me fait appréhender l’avenir sans crainte. Même s’ il nous sépare, cette histoire restera pour tous les deux une grande richesse, une histoire fabuleuse.

Bises

Catherine

16:22 Gepost door Guillaume de Monts in Algemeen | Permalink | Commentaren (2) |  Facebook |

Commentaren

Hallo, er zin geen voorwaarden aan verbonden.
Indien je een foto of iets dergelijks hebt,
dan kun je mij die doormailen.
Anders maak ik zelf wel iets dat bij jouw
blog past.
Laat je mij iets weten!
Groetjes

Gepost door: mireille | 09-01-08

als alles is geweten, wordt het leven dan weer eentonig zoals weleer

Gepost door: emily | 09-01-08

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